C’est une mutation silencieuse mais massive qui s’opère au cœur de la vallée de l’Arve. Longtemps ultra-dépendantes des commandes des constructeurs automobiles, les entreprises de décolletage et d’usinage de précision de Magland, Cluses et Scionzier diversifient leur portefeuille clients à vitesse grand V. Leur nouvelle cible : l’industrie du vélo.

Le boom du Vélo à Assistance Électrique (VAE)

Depuis la crise du Covid, le marché européen du VAE a explosé, entraînant avec lui un besoin colossal en pièces détachées fiables et durables. Moyeux, axes de pédaliers, pignons de transmission de haute résistance ou encore inserts pour batteries : la conception d’un vélo électrique haut de gamme exige une précision micrométrique.

Un cahier des charges qui correspond exactement à l’ADN historique des usines haut-savoyardes. Plusieurs PME du secteur ont ainsi investi ces deux dernières années dans de nouvelles machines à commande numérique spécifiquement calibrées pour usiner l’aluminium et le titane utilisés dans le cycle.

Moins de volumes, plus de valeur ajoutée

Si les volumes de production ne concurrencent pas encore les millions de pièces commandées historiquement pour les moteurs thermiques, la valeur ajoutée est bien supérieure. Les donneurs d’ordres européens, soucieux de raccourcir leurs chaînes d’approvisionnement face aux aléas de la logistique asiatique, sont prêts à payer le prix du “Made in France” (ou “Made in Alps”).

Cette transition stratégique permet à la filière locale, qui emploie encore plusieurs milliers de personnes dans le Faucigny, d’aborder la fin programmée des véhicules thermiques avec beaucoup plus de sérénité.