Agriculture : pénurie de bergers, l'inquiétude grandit chez les alpagistes de la Vallée de l'Arve
À quelques semaines de la saison de l'emmontagnée, les propriétaires d'alpages peinent à recruter du personnel pour garder les troupeaux en altitude.
Le printemps annonce le retour imminent des troupeaux en altitude. Pourtant, dans les fermes de la vallée de l’Arve, l’humeur n’est pas à la fête. À quelques semaines de l’emmontagnée, de nombreux éleveurs et propriétaires fonciers de Magland, Sallanches et Passy font face à une crise de recrutement sans précédent : il n’y a plus assez de bergers pour garder les bêtes.
Des conditions de vie qui découragent les candidats
Le métier de berger ou de vacher en haute montagne a souvent été romancé par l’imaginaire collectif. La réalité est bien plus complexe. Les conditions de vie très spartiates dans certains chalets d’alpage (parfois sans électricité ni eau courante), l’isolement, les journées à rallonge et les intempéries découragent de plus en plus les saisonniers.
À cela s’ajoute une nouvelle source de stress majeur qui épuise mentalement les professionnels : le retour des grands prédateurs (loups et lynx) dans le massif du Mont-Blanc et les Aravis, obligeant les bergers à une vigilance constante de jour comme de nuit.
Une menace directe pour les paysages montagnards
L’absence de bergers n’est pas qu’un simple problème économique pour la filière fromagère (AOP Reblochon, Abondance). C’est une véritable menace pour l’écosystème alpin. Le pastoralisme joue un rôle fondamental dans l’entretien des paysages.
Sans les troupeaux pour brouter l’herbe des alpages estivaux, les pentes s’embroussaillent rapidement. Ce phénomène favorise non seulement les risques d’avalanches en hiver (la neige glissant plus facilement sur les herbes hautes couchées), mais augmente aussi dramatiquement le risque d’incendies de forêt en été. Face à l’urgence, les syndicats agricoles locaux en appellent à des aides spécifiques pour valoriser financièrement ce métier indispensable à la survie de la montagne.