C’est le coup de tonnerre social de ce début d’année en Haute-Savoie. Fin janvier, le groupe Somfy - fleuron de la domotique dont le siège est basé à Cluses - a annoncé la suppression de 550 postes dans le monde, dont 350 en France. Et la majorité de ces départs aura lieu dans la vallée de l’Arve, à quelques dizaines de kilomètres de Sallanches.

Un groupe emblématique de la vallée touché

Fondée en 1969, Somfy est l’un des plus grands employeurs de Haute-Savoie avec près de 2 800 salariés en France, essentiellement concentrés dans la vallée de l’Arve. Spécialiste mondial des volets automatisés, portails connectés et solutions de domotique, le groupe affichait encore 1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2024, en hausse de 4,8%.

Malgré ces résultats en apparence solides, la direction invoque un ralentissement structurel du marché européen lié à la crise de la construction neuve, et la nécessité de s’adapter à des marchés américains et asiatiques aux exigences différentes.

Cadres et employés principalement visés

Le directeur général Sébastien Picot a tenu à préciser la nature du plan : “Nous ne toucherons pas à l’emploi industriel. Les usines, la logistique et la population ouvrière ne sont pas concernées. Le projet vise les cadres et les employés.” Parmi les mesures annoncées : des transferts d’activité au Portugal, des délocalisations en Chine et trois fermetures de sites en France.

Sur le site de Cluses, certains services entiers sont menacés, comme la comptabilité. “Notre service part au Portugal et on se demande pourquoi c’est moins cher là-bas alors qu’on fait tous partie de l’Europe”, témoignait un salarié proche de la retraite lors de la manifestation.

350 salariés dans la rue le 24 mars

Le mardi 24 mars, 350 employés de Somfy ont marché dans les rues de Cluses, certains portant des badges “Somfoutus”, pour protester contre le plan. Les syndicats, eux, font état d’un chiffre encore plus élevé, évoquant plus de 500 postes potentiellement concernés selon leur propre décompte.

Les négociations sur le plan de sauvegarde de l’emploi ont débuté le 26 mars entre la direction et les représentants syndicaux. Les syndicats réclament un plan d’indemnisation à la hauteur des moyens financiers du groupe et l’absence de tout départ contraint.

L’impact sur le bassin d’emploi local

Si Cluses est l’épicentre de la crise, ses répercussions concernent tout le Pays du Mont-Blanc. Bon nombre de cadres et employés de Somfy résident à Sallanches, Passy, Saint-Gervais ou dans les communes alentours. France Travail et les structures d’accompagnement à l’emploi du bassin annécien et clusciot anticipent une hausse des demandes de suivi dans les prochains mois.

Les négociations sont à suivre de près dans les semaines à venir.